Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 17:00

Chapitre 1. Anatomie d'une crise

 

 

La crise dont nous allons parler ne s'est pas déroulée en un jour mais elle n'échappe pas au besoin d'une datation précise

-         à l'instar de celle de 1929 datée des deux jours d'effondrement des cours  de Wall Street, le jeudi (noir) du 24 octobre et le mardi (noir) du 29  octobre,

-         la crise actuelle restera celle du 15 septembre 2008, jour de l'annonce  du dépôt de bilan de la banque Lehman Brothers.

 

Comme 80 ans plus tôt, la crise a commencé bien avant la date fatidique, mais cette dernière restera inoubliable aux États-Unis stupéfaits

-         d'apprendre la chute d'une des plus grandes institutions financières du pays, centenaire et symbole des succès de la dérégulation ;

-         de découvrir la contamination généralisée des bilans financiers par la détention d'actifs « pourris » ou « toxiques » ;

-         d'imaginer le cortège des mauvaises nouvelles qui vont suivre :  chute

d'activité dans tous les secteurs, restructurations de l'industrie automobile et de quelques autres, chômage, pertes de revenus...

 

La crise dans laquelle le capitalisme mondial vient d'entrer a plusieurs facettes, distinctes notamment sous l'angle de leur chronologie, mais aussi

superposées et interactives. On peut essayer de les démêler en distinguant

-         la crise immobilière le plus souvent qualifiée de crise des subprimes : sub = sous et prime = qualité, soit crédit inférieur à la norme, parce qu'accordé à des NINJA (No income, No job, No asset) ;

-         la crise financière sous sa double composante bancaire (faillites ou risques de faillite) et boursière (chute des cours) ;

-         la crise économique caractérisée par des récessions (2 trimestres consécutifs de non-croissance du PIB), des pertes d'emplois et de revenus.

 

Les différentes facette de la crise vont devoir être reconstituées et articulées entre elles, car la crise immobilière, comme d'autres qui l'ont précédée, aurait pu être circonscrite à quelques banques aux Etats-Unis, si de nouvelles pratiques bancaires, qualifiées « d'innovations financières » n'avaient pas favorisé leur dissémination et entraîné l'ensemble du système au bord du gouffre par une chute du type « jeu de domino » ou « château de cartes ».



 

Par Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
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